Comment enrayer la hausse des infections d’origine alimentaire en Europe ?

Salmonella, Campylobacter, Escherichia coli, Listeria ou encore Clostridium botulinum… autant de bactéries pathogènes responsables chaque année de TIAC, les Toxi-Infections Alimentaires Collectives. Les données françaises et européennes révèlent une hausse de ces infections depuis quelques années. Que cache cette tendance ?

 

Une hausse des infections d’origine alimentaire en France et en Europe

Le dernier rapport de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) confirme une tendance observée déjà depuis quelques années en Europe : une hausse marquée des infections d’origine alimentaire, de l’ordre de 20 % en 2024 par rapport à 2023. Ce phénomène touche également le territoire français. En 2022, le nombre de TIAC recensées en France était le plus élevé observé depuis l’instauration de la surveillance de ces infections, en 1987. 

Au cours de cette année 2022, près de 2 000 TIAC ont été déclarées en France – ces maladies sont à déclaration obligatoire – touchant près de 17 000 personnes. 4 % d’entre elles ont nécessité une hospitalisation et 0.1 % sont décédées. Des décès parfois fortement médiatisés, en particulier lors des cas groupés de botulisme ou les décès d’enfants en lien avec certaines souches d’E. coli

 

Différentes causes imbriquées pour expliquer ce phénomène

Les agents pathogènes les plus fréquemment retrouvés dans ces infections sont les genres Campylobacter et Salmonella, les bactéries E. coli, qui ont bondi de 22 % entre 2022 et 2023, mais aussi les Listeria. Si les cas de listériose sont souvent plus rares, ils s’avèrent potentiellement plus graves, capables de provoquer des décès chez les sujets fragiles. 

Comment expliquer une telle tendance ? Les spécialistes évoquent plusieurs hypothèses : 

  • Le vieillissement de la population, les sujets âgés étant plus fragiles face aux infections ;
  • Une hausse du nombre de sujets immunodéprimés, en lien avec des traitements immunosuppresseurs et certaines maladies chroniques (dont les cancers) ;
  • Une surveillance accrue des autorités nationales et européennes de santé publique ; 
  • Des progrès en matière d’identification et de diagnostic des agents pathogènes impliqués ;
  • Des failles dans la conservation et la préparation des aliments. 

En revanche, la hausse de la résistance aux antibiotiques n’est pas pointée du doigt dans cette évolution à la hausse des TIAC. 

 

Quelles solutions pour freiner cette hausse ? 

Le recours aux antibiotiques est déterminant dans le traitement de certaines infections d’origine alimentaire, par exemple la listériose. Le diagnostic précis de l’infection et de l’agent pathogène en cause est essentiel pour garantir une juste prescription de l’antibiotique adapté, afin de réduire le risque de développement de l’antibiorésistance. À l’inverse, lorsque les TIAC sont provoquées par des bactéries productrices de toxines –  par exemple les bactéries E. coli producteurs de shigatoxines (STEC) -, le recours aux antibiotiques peut aggraver l’infection, en provoquant la libération des toxines lors de la destruction des bactéries. 

La prévention des infections d’origine alimentaire constitue un enjeu majeur de santé publique. Elle repose principalement sur le respect de mesures d’hygiène alimentaire, essentielles aussi bien à l’échelle individuelle qu’en collectivité. Ces mesures comprennent entre autres : 

  • Une bonne hygiène des mains avant et après chaque manipulation des aliments ;
  • Le respect des conditions de conservation des aliments ;
  • Un lavage suffisant des fruits et légumes ;
  • Une cuisson à coeur des viandes ;
  • La séparation des aliments dans le réfrigérateur, en particulier les aliments crus et cuits ; 
  • etc. 

Mieux connues, mieux tracées, notablement en hausse en France comme en Europe, les infections d’origine alimentaire restent aujourd’hui une menace sur la santé publique. Face à cette menace, l’hygiène alimentaire et le bon usage des antibiotiques sont déterminants. 

 

Sources 

 

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