Antirétroviraux de longue durée d’action, un tournant dans la lutte contre le VIH ?

La 13ème édition de la Conference on HIV Science, le congrès de l’International AIDS Society (IAS), s’est tenue au Rwanda en juillet 2025. Chercheurs, cliniciens, acteurs de santé publique, représentants de la société civile, … tous les acteurs étaient présents pour découvrir les dernières avancées médicales dans la lutte mondiale contre le VIH (Virus de l’Immunodéficience Humaine). 

 

VIH et SIDA : un enjeu majeur de santé publique toujours d’actualité

D’après les dernières données de l’UNAIDS, plus de 40 millions de personnes dans le monde vivent avec le VIH et 1,3 millions de personnes ont été nouvellement infectées par le virus au cours de l’année 2024. Au total, 91,4 millions de personnes ont été infectées par le VIH dans le monde depuis le début de l’épidémie. Les nouvelles infections ont chuté de 61 % depuis 1996, mais les femmes et les filles représentent désormais 45 % des personnes touchées, un chiffre qui s’élève à 63 % en Afrique subsaharienne. 

Malgré les progrès thérapeutiques, avec le développement de nouvelles thérapies antirétrovirales et l’essor de la PrEP (la prophylaxie pré-exposition), le SIDA continue de tuer à travers le monde, avec 630 000 décès recensés en 2024. Grâce aux efforts nationaux et internationaux de lutte contre le VIH, l’accès aux traitements antirétroviraux s’est amélioré avec 77 % des personnes vivant avec le VIH ayant accès à un traitement, mais il reste inférieur à l’objectif fixé par l’UNAIDS. La lutte contre le VIH reste un enjeu mondial de santé publique toujours d’actualité en 2025, plus de 40 ans après la découverte du virus. 

 

Des avancées médicales majeures sur les traitements

Au fil des décennies, les thérapies antirétrovirales ont considérablement évolué grâce à la mobilisation de nombreuses équipes de recherche à travers le monde. Le traitement associe généralement deux à trois médicaments antirétroviraux (bithérapie ou trithérapie) à choisir en fonction du profil du patient. L’objectif est triple : 

  • Réduire la morbidité et la mortalité associées au VIH ; 
  • Prévenir la transmission du virus à d’autres personnes de l’entourage ;
  • Maintenir autant que possible la qualité de vie des personnes vivant avec le VIH.

Si les thérapies antirétrovirales permettent le plus souvent de réduire considérablement la charge virale, les traitements restent contraignants, en raison entre autres des effets secondaires potentiels et de la prise à vie des médicaments. Les chercheurs et les médecins développent de nouveaux antirétroviraux, plus efficaces contre le VIH et moins impactants pour le quotidien des patients. Le rythme et le mode d’administration sont des points clés. Par exemple, parmi les traitements des formes résistantes du VIH aux antirétroviraux, le lénacapavir s’administre par voie sous-cutanée toutes les 26 semaines, tandis que l’ibalizumab s’administre par voie intraveineuse toutes les deux semaines et le fostemsavir deux fois par jour par voie orale. 

Parallèlement, les recherches sur la mise au point d’un vaccin contre le VIH se poursuivent. Fin 2024, les résultats d’un premier essai clinique sur un candidat vaccin ont été publiés, avec des données d’efficacité et de sécurité encourageantes. Pour les médecins, le développement d’un vaccin reste un objectif important pour contrôler durablement l’épidémie de VIH. 

 

Les PrEP à longue durée d’action, un tournant dans la lutte ?

Le contrôle de l’épidémie passe également par les moyens de prévention. Depuis quelques années, la prophylaxie pré-exposition (PrEP) s’est révélée un moyen de prévention hautement efficace, avec des niveaux d’efficacité jusqu’à 92 % dans les essais cliniques randomisés. Ce niveau d’efficacité a été retrouvé dans des études en vie réelle, démontrant l’importance clé de la PrEP dans la stratégie de lutte contre le VIH. Faut-il qu’elle soit accessible à toutes les personnes à risque d’exposition au VIH et qu’elle soit correctement prise. 

L’essor de la PrEP à travers le monde pourrait connaître un tournant majeur, grâce au développement de formes à longue durée d’action, les PrEP long acting. D’après certaines études, l’observance à la PrEP orale ne serait durablement correcte que chez 40 % des personnes éligibles. Actuellement, seules trois solutions permettent de contourner les difficultés d’observance : 

  • Les anneaux vaginaux de dapivirine ;
  • Les injections intramusculaires bimestrielles de cabotégravir ; 
  • Les administrations sous-cutanées bisannuelles de lénacapavir. 

D’autres options pourraient bientôt le voir pour conforter la place de la PrEP dans la lutte contre le VIH, en particulier des injections annuelles de lénacapavir ou une administration orale mensuelle du MK-8527, un candidat médicament. Des essais cliniques sont en cours ou vont débuter pour évaluer ces alternatives. 

En thérapie comme en prévention pré-exposition, la durée d’action des principes actifs antirétroviraux semble être l’un des enjeux actuels de la lutte contre le VIH à travers le monde.  

 

Sources

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