Chaque année, 2 300 enfants et adolescents sont touchés en France par un cancer, soit un enfant touché sur 440 avant l’âge de 15 ans. Derrière ces chiffres, se cachent une multitude de maladies rares, ce qui complexifie la recherche et les avancées thérapeutiques. Des défis majeurs à relever pour faire avancer la lutte contre les cancers pédiatriques.
Les cancers de l’enfant représentent 1 % de l’ensemble des cas de cancers en France
Les cancers de l’enfant, ou cancers pédiatriques, constituent un vaste ensemble de maladies rares, dont les caractéristiques sont très différentes entre elles et avec les cancers observés chez l’adulte. Chez les enfants et les adolescents, sont principalement rencontrés :
- Des leucémies (26 % des cas) ;
- Des tumeurs du système nerveux central (25 %) ;
- Des lymphomes (15 %).
Dans un cas de cancer pédiatrique sur 4, la tumeur est une tumeur dite embryonnaire, c’est-à-dire qu’elle se développe à partir de cellules issues du développement fœtal avec une croissance particulièrement rapide. Ce type de tumeur est presque inexistant chez l’adulte. Compte-tenu de leurs caractéristiques histopathologiques et biologiques particulières, il est impossible d’appliquer aux cancers pédiatriques les mêmes approches thérapeutiques que dans les cancers de l’adulte, qui représentent 99 % des cas de cancers diagnostiqués en France. Des programmes de recherche spécifiques sont nécessaires pour développer de nouvelles thérapeutiques et ainsi améliorer leur pronostic.
Une survie améliorée, mais certains cancers pédiatriques restent de mauvais pronostic
Au cours de la période 2000-2016, le taux de survie globale des enfants de 0 à 15 ans atteints d’une tumeur pédiatrique a nettement progressé pour atteindre 92 % un an après le diagnostic. Cinq ans après le diagnostic, le taux de survie est désormais de 83 % pour l’ensemble des cancers pédiatriques, mais ce chiffre ne traduit pas les fortes disparités observées entre les cancers.
Si le taux de survie à 5 ans est désormais de 87 % pour les leucémies, certains cancers pédiatriques restent de mauvais pronostic, en particulier les tumeurs du système nerveux central chez les nourrissons de moins d’un an et certains gliomes chez les enfants et les adolescents. Par exemple, les épendymomes – des tumeurs gliales développées à partir des cellules épendymaires du cerveau ou de la moelle épinière – sont associés à un taux de survie à 5 ans de seulement 50 %, avec un pronostic d’autant plus défavorable que l’enfant diagnostiqué est jeune. Un autre enjeu pour les enfants concernés est la vie après le cancer, car deux tiers des enfants qui survivent à leur cancer garderont des séquelles de leurs traitements, et peuvent présenter un risque accru de développer un second cancer au cours de la vie. Un suivi à long terme est indispensable.
Des défis spécifiques à relever pour la recherche biomédicale
Renforcer les efforts de recherche et améliorer la prise en charge globale des enfants et des adolescents touchés par le cancer sont deux axes essentiels de lutte contre les cancers pédiatriques. La Loi n° 2019-180 du 8 mars 2019 a proposé une stratégie globale d’amélioration de la prise en charge de ces cancers, avec des actions en faveur de :
- La recherche ;
- La formation des professionnels de santé, par exemple sur la prise en charge de la douleur en cancérologie pédiatrique ;
- Le soutien aux aidants familiaux ;
- La vie après le cancer et notamment le droit au répit.
En septembre 2025, l’Institut National du Cancer (INCa) a publié un rapport sur les enjeux, les actions et les perspectives en matière de lutte contre les cancers pédiatriques. Entre 2021 et 2024, plus de 80 millions d’euros ont été alloués en France à des projets de recherche en cancérologie pédiatrique pour améliorer le taux de survie, mais aussi la qualité de vie des enfants pendant et après les traitements. L’offre pédiatrique s’est également organisée sur le territoire national avec :
- 8 centres labellisés depuis 2019 pour la recherche clinique de phase précoce ;
- 4 centres de recherche intégrée d’excellence créés depuis 2023 ;
- 5 organisations interrégionales de recours, mises en place depuis 2024 pour structurer l’offre de soins.
La mobilisation sur tout le territoire des structures de recherche et de soins, des centres de lutte contre le cancer mais aussi des associations de patients permet de faire avancer la recherche pour favoriser une meilleure compréhension des cancers pédiatriques, développer de nouvelles solutions thérapeutiques et améliorer la prise en charge au quotidien et sur le long terme des enfants et de leurs familles. Des enjeux déterminants dans la lutte contre les cancers de l’enfant.
Sources
- Institut National du Cancer. Les cancers pédiatriques en France. Mis à jour le 26 janvier 2024. https://pediatrie.cancer.fr/chercheur/acteurs-de-la-recherche/les-cancers-pediatriques-en-france
- ONCORIF. La lutte contre les cancers pédiatriques : enjeux, actions et perspectives – édition 2025. 22 septembre 2025. https://www.oncorif.fr/la-lutte-contre-les-cancers-pediatriques-enjeux-actions-et-perspectives-edition-2025/
- Imagine for Margo. 15 victoires qui ont changé la donne dans le combat contre les cancers pédiatriques. Mis à jour le 27 février 2026. https://imagineformargo.org/quinze-victoires-qui-ont-change-la-donne-dans-le-combat-contre-les-cancers-pediatriques/