Cancer du poumon, le plus meurtrier chez les femmes !

Le cancer du sein a longtemps été le cancer le plus fréquent et le plus meurtrier chez les femmes. Si son incidence continue à augmenter, les chiffres de mortalité sont désormais dépassés par ceux d’un autre cancer, le cancer du poumon. 

 

La mortalité du cancer du sein baisse, celle du cancer du poumon augmente

En 2023, 61 214 nouveaux cas de cancer du sein et 52 777 nouveaux cas de cancer du poumon ont été recensés en France métropolitaine. Le cancer du sein reste le cancer le plus fréquent chez les femmes (les hommes représentant moins d’un % des cas de cancer du sein). Le cancer du poumon arrive en troisième position en matière d’incidence chez les femmes (en seconde chez les hommes). En revanche, la tendance s’inverse lorsqu’on s’intéresse aux chiffres de mortalité. 

Chez les hommes, l’incidence du cancer du poumon est globalement stable, voire légèrement en baisse, avec une mortalité en recul. Chez les femmes, les chiffres d’incidence et de mortalité sont en hausse depuis 1990. Parallèlement, l’incidence du cancer du sein poursuit sa hausse, mais la mortalité est en baisse, de 1,2 % entre 2012 et 2022. Désormais, la mortalité féminine liée au cancer du poumon dépasse celle liée au cancer du sein. En 2018, sur les 30 896 décès liés au cancer du poumon, 10 356 concernaient des femmes. Ces tendances seraient liées à une augmentation du tabagisme chez les femmes depuis plusieurs décennies. 

 

La faute au tabagisme féminin ?

Les spécialistes considèrent qu’environ 80 à 85 % des cancers du poumon sont liés au tabagisme actif ou passif. Entre 1970 et le début des années 2000, la prévalence du tabagisme a presque doublé chez les femmes, une tendance qui s’est poursuivie à un rythme moindre par la suite pour atteindre une relative stabilité. L’évolution des dernières années est liée à deux phénomènes contrastés : 

  • une tendance à la baisse chez les femmes âgées de 18 à 35 ans ;
  • une forte hausse chez les femmes de 55 à 75 ans.  

En lien avec l’essor du tabagisme féminin, le nombre de décès attribuables au tabac chez les femmes a augmenté de plus de 5 % par an en moyenne sur les 15 dernières années. Le tabagisme est à l’origine chez les femmes de : 

  • 49 % des cancers ; 
  • 28 % des maladies cardiovasculaires ;
  • 23 % des pathologies respiratoires. 

Entre 2002 et 2015, la mortalité par cancer du poumon a augmenté de 72 % chez les femmes, tandis qu’elle diminuait de 15 % chez les hommes. Autre fait aggravant, le sevrage tabagique serait plus difficile chez les femmes, en lien avec l’effet de la nicotine sur la production des hormones féminines. 

 

Bientôt un dépistage organisé du cancer du poumon

Prévenir le tabagisme dès l’adolescence et accompagner les femmes à l’arrêt du tabac sont des enjeux essentiels pour la prévention primaire du cancer du poumon. Mais le dépistage précoce du cancer du poumon est également déterminant pour améliorer le pronostic des patientes et ainsi réduire la mortalité associée à ce cancer. D’ici quelques mois, le cancer du poumon pourrait rejoindre les trois cancers faisant l’objet d’une stratégie nationale de dépistage organisé en France (cancer du sein, cancer du col de l’utérus et cancer colorectal). 

Le programme pilote de dépistage du cancer du poumon en France, baptisé IMPULSION (IMPlémentation du dépistage du cancer PULmonaire en populatION), devrait démarrer dans les prochains mois. Les études préalables ont déjà suggéré qu’un dépistage pourrait réduire de 20 % la mortalité liée au cancer du poumon. L’étude pilote consiste cette fois à proposer le dépistage à 20 000 personnes à risque (gros fumeurs ou personnes ayant beaucoup fumé par le passé) pour confirmer la pertinence et la faisabilité du dépistage organisé. Ce dépistage repose sur la réalisation d’un scanner à faible dose, répété l’année suivante, puis tous les deux ans. 

Un nodule pulmonaire détecté au stade 1 est associé à un pronostic favorable, autour de 80 à 90 % de guérison. La prévention et le dépistage sont ainsi les meilleures armes actuelles dans la lutte contre le cancer du poumon. 

 

Sources

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