Alimentation et pathologies sont étroitement liées. L’alimentation peut prévenir ou au contraire favoriser le développement de pathologies chroniques. Une fois déclarées, l’alimentation constitue l’un des axes clés de la prise en charge non médicamenteuse de nombreuses pathologies. Mais les recommandations nutritionnelles sont-elles identiques pour toutes les maladies ? Faut-il adapter l’alimentation à chaque situation clinique ?
Une alimentation adaptée pour prévenir les maladies chroniques
En parallèle de l’activité physique, l’alimentation est considérée comme l’un des piliers de la santé, avec un rôle clé dans l’apparition et le développement de nombreuses pathologies, comme les maladies cardiovasculaires, le diabète ou les cancers. Nombre de ces maladies sont dites multifactorielles, c’est-à-dire qu’elles se développent en lien avec la conjonction d’un certain nombre de facteurs, parmi lesquels une prédisposition génétique, des facteurs environnementaux ou encore le mode de vie. L’alimentation est une composante déterminante du mode de vie.
De multiples études ont révélé un lien entre une alimentation déséquilibrée, non conforme aux recommandations nutritionnelles, et une augmentation du risque de développer différentes pathologies. D’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), plus de 25 % de la mortalité mondiale totale serait attribuable à une combinaison de facteurs de risque d’origine nutritionnelle. À l’inverse, adopter une alimentation saine, diversifiée et équilibrée contribue à rester en bonne santé et à prévenir le développement des pathologies chroniques. La prévention nutritionnelle constitue ainsi un levier d’action important face aux enjeux de santé publique que représentent les maladies chroniques.
Une prise en charge globale incluant des recommandations nutritionnelles
La plupart des pathologies chroniques fréquentes font l’objet de recommandations de bonnes pratiques, publiées par la Haute Autorité de Santé (HAS), concernant leur dépistage, leur diagnostic et leur prise en charge. Les prises en charge globales des patients incluent désormais les approches non médicamenteuses, dont l’adoption d’une alimentation saine et équilibrée. Un suivi diététique et/ou nutritionnel est d’ailleurs recommandé pour les patients atteints de pathologies chroniques.
L’objectif est de s’approcher au plus près des recommandations nutritionnelles en vigueur pour la population générale et regroupées dans le Plan National Nutrition Santé (PNNS), en s’attachant en particulier :
- à limiter la surcharge pondérale pour tendre vers un contrôle du poids corporel ;
- à réduire les déséquilibres alimentaires, par exemple entre les apports en lipides et les apports en protéines ;
- à éviter les carences nutritionnelles, notamment en vitamines et sels minéraux.
Ces recommandations nutritionnelles doivent-elles être toujours les mêmes, quel que soit le patient et quelle que soit la pathologie ? Une récente étude suggère qu’une adaptation plus fine pourrait être bénéfique.
Une alimentation prenant en compte les particularités de chaque pathologie
Dans cette étude, publiée en juin 2026 dans la revue scientifique Nature Medicine, les chercheurs ont évalué l’impact d’une alimentation non plus seulement équilibrée, mais aussi adaptée à la pathologie du patient. Pendant près de 7 mois, des patients n’ayant pas une alimentation équilibrée ont reçu dix repas par semaine selon 15 plans alimentaires différents, conçus respectivement par des diététiciens pour les différentes pathologies présentées par les patients (diabète, insuffisance cardiaque, maladie rénale chronique, dépression, …).
Au terme de l’étude, les chercheurs ont observé une réduction de 31 % du nombre d’hospitalisations et de 20 % des passages aux urgences. Selon eux, ces données confirment le rôle thérapeutique d’une alimentation adaptée. De plus, elles révèlent que les recommandations nutritionnelles doivent être adaptées à chaque pathologie. Les besoins nutritionnels ne sont par exemple pas les mêmes pour un sujet vivant avec un diabète de type 2 ou pour un patient atteint de cancer. Et pour un patient atteint de cancer, les besoins nutritionnels évoluent en fonction des étapes du parcours de soins.
L’alimentation joue ainsi un rôle déterminant dans la prévention et la gestion des pathologies chroniques, idéalement en l’adaptant à chaque situation, d’où le rôle déterminant du suivi diététique et nutritionnel.
Sources
- Hager, K. et al. Medically tailored meals receipt and healthcare utilization and costs in Massachusetts’ Medicaid demonstration. Nature Medicine 2026;32:2147-2154. https://www.nature.com/articles/s41591-026-04407-5
- Chantal Julia. Rôle de la nutrition comme déterminant de pathologies. HCSP. ADSP 2014;87. https://www.hcsp.fr/Explore.cgi/Telecharger?NomFichier=ad872025.pdf
- Santé Pratique Paris. Maladies chroniques : le régime alimentaire au cœur de la prise en charge. Mis à jour le 17 mai 2023. https://sante-pratique-paris.fr/prevention-a-savoir/maladies-chroniques-regime-alimentaire-coeur-de-prise-charge/