Au niveau mondial, l’alimentation constitue l’un des principaux facteurs de morbi-mortalité, en étant responsable d’environ 1 décès sur 5. Ainsi, une alimentation déséquilibrée serait à l’origine de plus de 10 millions de décès par an dans le monde. Au-delà de la sensibilisation sur l’importance d’une alimentation adaptée et équilibrée, qu’en est-il de l’accès à une alimentation saine ?
L’alimentation, un pilier de la santé
Une alimentation pauvre en céréales complètes, en fruits et légumes, en fruits à coques, en poissons, et a contrario riche en produits salés est associée à un peu plus de 10 millions de décès par an dans le monde, soit environ 20 % de la mortalité mondiale.
De nombreuses études ont établi un lien entre l’alimentation et la survenue ou l’aggravation d’une multitude de maladies chroniques, telles que :
- Le surpoids et l’obésité ;
- L’hypercholestérolémie ;
- Les maladies cardiovasculaires ;
- Le diabète de type 2 ;
- La stéatose hépatique ;
- La goutte ;
- De nombreux cancers.
En France, depuis 2001, le Programme National Nutrition Santé (PNNS) – dont une cinquième édition a été publiée au printemps 2026 – vise à améliorer l’état de santé de l’ensemble de la population. D’après les données publiées par Santé Publique France, seulement 19% des hommes et 25% des femmes âgés de 18 à 85 ans déclaraient en 2021 des consommations de fruits et légumes en adéquation avec les recommandations du PNNS. Est-ce par méconnaissance des recommandations nutritionnelles ? Ou par difficultés d’accès à certains aliments ?
Une hausse de 25 % du coût d’une alimentation saine en 5 ans
À l’échelle mondiale, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Food and Agriculture Organization of the United Nations, FAO) s’attache régulièrement à évaluer le coût d’une alimentation saine à travers le monde. Les dernières données, publiées au cours de l’été 2026, révèlent une hausse de 25 % du coût d’une alimentation saine en seulement cinq ans, avec un coût évalué à 4,28 dollars par personne et par jour.
Les aliments d’origine animale représentent la part la plus importante du coût total d’une alimentation saine (presque 30 %), tandis que les céréales et les légumineuses représentent 13 % du coût et les fruits et légumes 16 %. D’où vient cette hausse des coûts depuis plus d’une décennie ? Pas nécessairement de la production des denrées alimentaires brutes, mais plutôt des frais post-production pour le stockage, le conditionnement et le transport des aliments vers les consommateurs. Ainsi, le recours aux circuits courts et à la production locale peut permettre de réduire ce coût, avec une baisse estimée à 34 % au niveau mondial.
Compte-tenu de cette hausse des coûts, près d’une personne sur trois dans le monde ne peut avoir accès à une alimentation saine. Et l’impact du dérèglement climatique sur l’agriculture et les chaînes d’approvisionnement risque d’aggraver la situation dans les prochaines années. Au-delà d’une nécessaire information et éducation sur l’importance de l’alimentation comme pilier de la santé, il est déterminant de pouvoir garantir l’accès à des aliments sains pour l’ensemble de la population.
Une alimentation saine, meilleure pour la santé… et l’environnement !
Pour faciliter l’accès à une alimentation saine pour l’ensemble de la population mondiale, il semble pertinent d’adapter les productions agricoles aux recommandations nutritionnelles. Une alimentation équilibrée implique d’augmenter la part de fruits et légumes frais, de céréales complètes, de légumineuses et de fruits à coques, tout en réduisant les apports d’origine animale, en particulier les viandes rouges et les charcuteries.
Les études ont largement démontré les bénéfices d’une alimentation équilibrée, s’inspirant du régime méditerranéen, pour être et rester en bonne santé. L’augmentation de la part alimentaire végétale représente un autre avantage, elle est plus favorable à l’environnement. En effet, les productions agricoles animales, particulièrement la viande rouge, les produits laitiers et les crevettes d’élevage, sont les activités agricoles les plus émettrices de gaz à effet de serre à l’échelle de la planète.
Adopter une alimentation saine implique d’augmenter la part des aliments d’origine végétale, ce qui est bénéfique à la fois pour l’environnement et la santé humaine. Faut-il maîtriser le coût de cette alimentation pour qu’elle soit accessible pour toute la population, notamment en favorisant le développement des productions locales.
Sources
- La Tribune. Le coût d’une alimentation saine bondit de 25% en cinq ans. 16 juillet 2026. https://www.latribune.fr/article/climat/agriculture-agroalimentaire/33433011638640/le-cout-dune-alimentation-saine-bondit-de-25-en-cinq-ans
- Assurance maladie. Alimentation de l’adulte : bien manger pour être en forme. 13 mai 2025. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/alimentation/alimentation-adulte/alimentation-adulte-manger-forme
- Nations Unies. Alimentation et changement climatique : une alimentation plus saine pour une planète en meilleure santé. Consulté le 27 août 2026. https://www.un.org/fr/climatechange/science/climate-issues/food