L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) évaluent à 125 milliards d’euros le coût total de la consommation d’alcool pour les économies européennes. La consommation d’alcool représente ainsi un enjeu majeur de santé publique et un fardeau important pour les systèmes économiques.
L’alcool impliqué dans une multitude de pathologies
Derrière le coût économique de la consommation d’alcool se cachent bien sûr les multiples conséquences néfastes de l’alcool sur la santé :
- Les cirrhoses et les autres pathologies hépatiques et digestives ;
- Des accidents et maladies cardiovasculaires ;
- Des infections plus fréquentes et plus sévères ;
- Des troubles neurologiques et une possible altération de la santé mentale ;
- Des maladies métaboliques ;
- Des cancers.
Rien qu’en France, l’alcool serait responsable d’environ 16 000 nouveaux cas de cancer chaque année, soit 8 % des nouveaux cas diagnostiqués annuellement tous cancers confondus. Et contrairement aux idées reçues, le cancer du foie est loin d’être le seul cancer lié à l’alcool.
L’alcool, seconde cause évitable de mortalité par cancer
L’alcool est considéré comme le second facteur évitable de mortalité par cancer derrière le tabac (mis en cause dans près d’un nouveau cas de cancer sur 5). Il est d’ailleurs classé comme une substance cancérigène depuis 1988 par le CIRC. Les études menées ont montré que l’alcool augmente le risque de développer différents cancers :
- Le cancer du sein ;
- Le cancer colorectal ;
- Les cancers de la cavité buccale ;
- Le cancer du foie ;
- Le cancer de l’œsophage ;
- Le cancer de l’estomac.
Pourtant, seulement 58 % des Français considèrent qu’une consommation modérée d’alcool augmente le risque de cancer. Et une question revient souvent : quelle quantité d’alcool est néfaste pour la santé ? Au fil des années, la consommation d’alcool a baissé en France, avec une consommation moyenne de 10,4 litres d’alcool par habitant de plus de 15 ans en 2023. Le vin reste encore la boisson alcoolisée la plus consommée en France, même si sa consommation régresse au profit de la bière, qui représente désormais un quart des boissons alcoolisées vendues. Si la consommation moyenne d’alcool baisse chez les jeunes comme chez les adultes, elle reste encore trop élevée chez de nombreux Français. De plus, l’alcoolisation se transforme en particulier chez les jeunes, avec des comportements d’alcoolisation intensive ponctuelle, le “binge drinking”, responsable d’une hausse des hospitalisations pour alcoolisation aiguë.
Réduire voire stopper sa consommation d’alcool
La baisse de la consommation d’alcool suffit-elle à réduire les conséquences néfastes de l’alcool sur la santé ? D’une manière générale, les effets néfastes de l’alcool dépendent de la dose d’alcool et de la durée d’exposition à l’alcool. Néanmoins, l’effet cancérigène de l’alcool est généralement présent dès les premiers verres. Ainsi, le risque de développer un cancer du sein augmente dès la consommation du premier verre d’alcool par jour, tandis que le risque de cancer hépatique augmente à partir de 4 verres quotidiens. Et la nature de l’alcool n’entre pas en ligne de compte, puisque c’est la quantité d’éthanol contenu dans le verre d’alcool qui augmente le risque de cancer.
Les autorités de santé publique fixent des seuils de consommation maximale d’alcool à ne pas dépasser : “Pour votre santé, l’alcool c’est maximum deux verres par jour, et pas tous les jours”. Pour réduire au maximum les conséquences néfastes de l’alcool, l’idéal est d’ailleurs de stopper toute consommation d’alcool.
Dès le premier verre, l’alcool peut impacter négativement la santé. Un impact d’autant plus important lorsque l’alcool est associé au tabac. Le risque de cancer de la cavité buccale est par exemple multiplié par 45 chez les consommateurs d’alcool et de tabac. Stopper l’alcool et le tabac sont des moyens de prévention efficaces contre les cancers et une multitude de pathologies chroniques.
Sources
- Santé Publique France. Symposium scientifique international : Réduire le fardeau de l’alcool : focus sur des défis scientifiques et de politiques publiques. 3 décembre 2024. https://www.santepubliquefrance.fr/a-propos/evenements/symposium-scientifique-international-reduire-le-fardeau-de-l-alcool-focus-sur-des-defis-scientifiques-et-de-politiques-publiques-3-decembre-2024
- Ministère de la Santé. L’addiction à l’alcool. Mise à jour le 25 février 2025. https://sante.gouv.fr/prevention-en-sante/addictions/article/l-addiction-a-l-alcool
- OFDT. La consommation d’alcool et ses conséquences en France en 2023. Consulté le 7 novembre 2025. https://www.ofdt.fr/publication/2024/la-consommation-d-alcool-et-ses-consequences-en-france-en-2023-2437