La pollution atmosphérique, un enjeu environnemental, mais aussi sanitaire et économique !

D’après un rapport publié par l’UNICEF en 2024, la pollution atmosphérique a été responsable de 8,1 millions de décès dans le monde en 2021. Désormais, l’impact sur la santé publique de la pollution de l’air extérieur dépasse celui du tabac ou d’une mauvaise alimentation. Pour la première fois, Santé Publique France a récemment estimé l’impact de deux polluants atmosphériques sur le fardeau des maladies chroniques pour la France métropolitaine et par région. Le fort impact sanitaire et économique doit inciter à des mesures fortes de réduction de la pollution atmosphérique. 

 

La pollution atmosphérique, un cocktail délétère pour la santé

D’après un rapport de l’OCDE publié en 2016, la pollution atmosphérique est une conséquence inéluctable de nos modes de production actuelle et se retrouve ainsi directement liée à la croissance économique. Différents polluants altèrent la qualité de l’air extérieur et peuvent avoir des conséquences plus ou moins importantes sur la santé : 

  • Les particules en suspension dans l’air, dont les particules fines et les particules ultrafines ;
  • Le dioxyde de soufre ;
  • Les oxydes d’azote ;
  • Les composés organiques volatils ;
  • L’ozone ;
  • L’ammoniac ;
  • Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) ;
  • Les métaux lourds.

 

Dans un rapport remis au Sénat en 2015, le coût de la pollution atmosphérique était évalué entre 70 et 100 milliards d’€ par an. Sur la période 2016-2019, Santé Publique France estimait qu’environ 40 000 décès étaient chaque année attribuables à l’exposition des adultes aux polluants atmosphériques. Parmi les conséquences sur la santé, figurent à la fois des effets aigus, à court terme, et des effets chroniques, à long terme, parmi lesquels un développement et/ou une aggravation des maladies chroniques. 

 

Un coût évalué à 260 € par an et par Français lié à deux polluants atmosphériques

La DREES estimait qu’en 2021, 12 millions de Français souffraient d’une maladie chronique reconnue en Affection Longue Durée (ALD). Entre 2008 et 2021, la prévalence de l’ensemble de ces maladies est passée de 14,6 à 17,8 %. La principale explication avancée est le vieillissement progressif de la population. Mais quelle est la contribution de la pollution atmosphérique dans les tendances épidémiologiques des maladies chroniques ?

Dans la nouvelle étude publiée en janvier 2025, Santé Publique France se penche sur l’impact de deux polluants atmosphériques – le dioxyde d’azote (NO2) et les particules fines (PM2.5) – sur le développement de huit maladies chroniques : 

  • Le cancer du poumon (plus de 50 000 nouveaux cas en 2023) ;
  • La Broncho-Pneumopathie Chronique Obstructive (BPCO) (20 000 décès par an) ;
  • L’asthme (4 millions de Français, enfants et adultes, touchés) ; 
  • Les pneumopathies et autres infections respiratoires aiguës (hors grippe) (l’un des principaux motifs de consultation médicale) ;
  • L’Accident Vasculaire Cérébral (AVC) (plus de 30 000 décès par an) ;
  • L’infarctus du myocarde (80 000 cas annuels) ;
  • L’hypertension artérielle (1,6 millions de Français débutent chaque année un traitement antihypertenseur) ;
  • Le diabète de type 2 (la prévalence de la maladie est passée de 5,6 % en 2015 à 6,3 % en 2022, avec une projection de 500 000 patients supplémentaires à l’horizon 2027). 

 

Si le lien entre ces maladies et la pollution atmosphérique était déjà connu, les données recueillies dévoilent l’impact sanitaire et économique de ces deux polluants en France. Entre 12 et 20 % des nouvelles maladies respiratoires de l’enfant seraient attribuables à la pollution, un chiffre évalué entre 7 et 13 % dans le cas des maladies respiratoires, cardiovasculaires et métaboliques de l’adulte. En termes économiques, cet impact se chiffre à 12,9 milliards d’€ pour les particules fines, soit environ 200 € par an et par habitant, et à 3,8 milliards d’€ pour le dioxyde d’azote, soit 59 € par an et par habitant. Sans compter l’impact des autres polluants atmosphériques, non pris en compte dans l’étude. La pollution sollicite ainsi fortement le système de santé, tout en impactant l’économie française. 

 

Lutter contre la pollution, un enjeu sanitaire et économique mondial

Pour les années à venir, en l’absence d’une mise en œuvre de politiques de réduction massive des polluants, la pollution devrait peser de plus en plus sur la santé et l’économie. L’expansion économique, notamment des pays en voie de développement, pourrait accroître la pollution. Parallèlement, la pollution impacte directement l’environnement et le secteur agricole – avec une hausse des catastrophes naturelles et des dérèglements climatiques. Ces impacts environnementaux et agricoles pourraient eux aussi contribuer indirectement à alourdir le fardeau économique et sanitaire de la pollution. 

La mise en œuvre de mesures fortes pour réduire la pollution atmosphérique et préserver l’environnement est plus que jamais déterminante pour réduire la mortalité et la morbidité, des enjeux à la fois sanitaires et économiques. En Europe, cette ambition est portée par le pacte vert pour l’Europe, dont l’objectif est d’atteindre la neutralité climatique en 2050. Ce pacte comporte un plan d’action “zéro pollution” qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55 % d’ici à 2030. 

 

Sources

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