Journée mondiale de la ménopause

La ménopause n’est pas une maladie, et pourtant elle est redoutée chaque année par des millions de femmes, qui arrivent à cette étape incontournable de leur vie. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l’International Menopause Society (IMS) organisent chaque année la journée mondiale de la ménopause (World Menopause Day 2024) le 18 octobre. Une occasion de sensibiliser sur cette étape physiologique, souvent mal vécue par les femmes. 

 

La ménopause, une étape de la vie des femmes

À l’aube de la ménopause, les femmes découvrent la périménopause (ou préménopause). D’une durée de 2 à 4 ans, ces premiers signes, cycles irréguliers, syndrome prémenstruel et bouffées de chaleur, annoncent l’arrivée prochaine de la ménopause. La ménopause correspond à l’arrêt de l’ovulation et à la disparition des cycles menstruels. Elle s’associe à de profonds bouleversements hormonaux, avec un arrêt de l’imprégnation œstrogénique. 

Généralement, la ménopause survient aux alentours de 50 ans, avec de grandes disparités entre les femmes. Dans certains contextes particuliers, les femmes peuvent être ménopausées avant 45 ans, et l’on parle alors de ménopause précoce. La plupart des femmes redoutent, non pas l’arrêt des menstruations, mais les symptômes climatériques associés à la ménopause : 

  • Les bouffées de chaleur ;
  • Les sueurs nocturnes ;
  • La sécheresse vulvovaginale ;
  • Les troubles urinaires.

 

Les femmes ménopausées se plaignent également de symptômes plus généraux, des troubles du sommeil, des douleurs articulaires ou encore des maux de tête. Elles se sentent également affectées sur le plan de l’humeur. La ménopause est ainsi souvent mal vécue par les femmes, et mal comprise par leur entourage. Au travail, à la maison, entre amis, … la ménopause peut négativement impacter leur qualité de vie. 

 

La ménopause n’est pas une maladie, mais elle impacte la santé des femmes

Rappelons-le, la ménopause n’est pas une maladie, mais une étape physiologique de la vie des femmes, comme la puberté ou la grossesse. Pour autant, la ménopause n’est pas sans conséquence sur la santé physique et mentale des femmes. 

D’abord, sur le plan psychologique, la ménopause est parfois une étape difficile à vivre pour les femmes. Arrêt des cycles menstruels, arrêt de la contraception, modifications hormonales, troubles de l’humeur, … certaines femmes se sentent touchées dans leur féminité et ressentent des difficultés à passer le cap de la ménopause ! Surtout si elles sont mal informées et mal préparées à vivre cette étape, d’où l’intérêt d’en parler à l’occasion de la journée mondiale. 

Ensuite, sur le plan physique, la ménopause est associée à une augmentation de la fréquence de certains problèmes de santé : 

  • Les maladies et accidents cardiovasculaires faisant suite à l’arrêt de l’imprégnation œstrogénique ;
  • Des troubles génito-urinaires : sécheresse vulvo-vaginale, troubles sexuels, troubles urinaires ;
  • L’ostéoporose ;
  • Le vieillissement de la peau ;
  • Une prise de poids et une modification de la morphologie. 

 

À noter qu’à l’inverse, certains problèmes de santé, influencés par les cycles menstruels, régressent à la ménopause, en particulier l’endométriose et la migraine cataméniale (migraine associée aux cycles menstruels). 

 

Faut-il traiter la ménopause ?

Si la ménopause n’est pas une maladie, pourquoi existe-t-il des traitements de la ménopause ? Les traitements hormonaux de substitution (THS) – encore appelés les traitements hormonaux de la ménopause (THM) – ont été développés pour soulager les symptômes désagréables de la ménopause tout en réduisant les risques associés à la ménopause. Les THS combinent un dérivé d’œstrogène et un dérivé de progestérone, pour mimer l’imprégnation hormonale d’avant la ménopause. Mais ces traitements ont rapidement montré leurs limites, car ils sont associés à des effets secondaires importants. Ils augmentent entre autres le risque de cancer du sein, d’accident vasculaire cérébral (AVC), de thrombose veineuse (phlébite, embolie pulmonaire), de cancer de l’endomètre ou de cancer de l’ovaire. Le traitement hormonal de la ménopause a justement été choisi comme thème de la journée mondiale 2024. 

Le rapport bénéfice – risque de ces traitements a conduit à limiter leurs indications thérapeutiques. Ils sont désormais réservés aux femmes ménopausées avant 40 ans, aux femmes dont les symptômes climatériques impactent profondément la qualité de vie et aux femmes pour lesquelles il est déterminant de réduire le risque d’ostéoporose. De nombreuses femmes ne sont pas éligibles à ces traitements et doivent s’habituer aux symptômes de la ménopause au quotidien. 

Bientôt, un nouveau traitement, cette fois-ci non hormonal, pourrait voir le jour, l’élinzanétant. Après des essais cliniques concluants, le laboratoire pharmaceutique attend l’autorisation de mise sur le marché. L’élinzanétant possède un mode d’action inédit en agissant sur les neurones cérébraux impliqués dans la régulation de la température corporelle. Grâce à ce nouveau médicament, les femmes peuvent espérer réduire fortement leurs bouffées de chaleur. 

 

Vivre la ménopause au quotidien

Toutes les femmes passent par cette étape de la vie, avec plus ou moins de facilités ou de difficultés. La ménopause représente aussi le moment idéal pour les femmes d’adopter un mode de vie le plus sain possible : 

  • Manger sain, équilibré et diversifié ;
  • Pratiquer une activité physique régulière ;
  • Arrêter de fumer ;
  • Réduire sa consommation d’alcool. 

Elles doivent également bénéficier d’un suivi médical régulier pour détecter d’éventuels problèmes de santé. 

Prendre soin d’elles à cette étape clé de leur vie est déterminant pour les femmes qui arrivent à la ménopause. La journée mondiale est l’occasion de sensibiliser les femmes, mais aussi l’ensemble de la population et plus largement tous les acteurs de santé publique sur la ménopause et ses enjeux pour la santé des femmes. 

 

Sources

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