Journée mondiale du don d’organes et de la greffe

Cœur, poumon, foie, rein, pancréas, … plusieurs organes vitaux, prélevés sur des donneurs (vivants ou décédés) peuvent être greffés. Un formidable espoir pour des milliers de patients atteints de maladies graves. Le 17 octobre est la journée mondiale du don d’organes et de la greffe. L’occasion de faire le point sur les données actuelles et les perspectives de recherche dans ce domaine. 

 

Don d’organes, don de vie

En 1933, a lieu la première greffe d’organe, un rein transplanté sur une jeune femme atteinte d’insuffisance rénale. Le premier cœur humain est transplanté en 1967 en Afrique du sud. La transplantation d’organes humains fêtera donc dans quelques années son premier centenaire. Des décennies de premières chirurgicales et d’engagement en faveur du don d’organes. 

En France, le don d’organes et la greffe sont placés sous le contrôle de l’Agence de la Biomédecine (ABM), qui publie chaque année le nombre de prélèvements et de transplantations. Dans son rapport d’activité 2023, l’agence indique un chiffre de 5 634 greffes d’organes effectuées, soit une hausse de 2.5 % par rapport à l’année 2022. Parmi ces transplantations, 577 ont eu lieu à partir d’un prélèvement d’organes sur donneur vivant (en hausse de 8,5 % par rapport à l’année précédente).  

En face d’un patient qui a besoin d’un organe pour continuer à vivre, il y a un donneur, qui peut être : 

  • décédé, en état de mort encéphalique ;
  • vivant, prêt à donner l’un de ses organes pour permettre au receveur de continuer à vivre . 

 

Sur l’année 2023, 3 132 donneurs ont été recensés, parmi lesquels 1 512 étaient en état de mort encéphalique. Parallèlement, 823 patients sont décédés en liste d’attente, des suites de leur maladie, faute d’un organe compatible disponible. Actuellement, plus de 21 000 patients sont inscrits sur la liste d’attente de greffe, pour un cœur, un poumon, un foie, un rein. Sans donneur compatible, ces patients ont leur pronostic vital engagé à court ou moyen terme. Pourtant, le taux d’opposition, c’est-à-dire la proportion de refus de prélèvement des organes sur un donneur décédé en état de mort encéphalique, reste important, et a même augmenté de 9,4 % entre 2022 et 2023 pour atteindre 36.1 %. 

 

Le rein, seul organe prélevé sur un donneur vivant ?

Si le cœur et les poumons ne peuvent être prélevés que sur des donneurs décédés, pour des raisons évidentes de viabilité du donneur, certains organes peuvent être donnés de son vivant. Le cas le plus fréquent est le rein, qui reste l’organe le plus greffé en France. En 2023, sur les 3 525 greffes rénales en France, 557 ont eu lieu à partir d’un donneur vivant. Le donneur est le plus souvent un proche du receveur, un parent, un membre de la fratrie, un conjoint, … mais le don issu de donneur vivant peut aussi s’effectuer dans le cadre du don croisé, impliquant deux paires donneur-receveur. 

Mais le rein n’est pas le seul organe que l’on puisse donner de son vivant. Il est aussi possible de donner un lobe de foie, bien que ce contexte soit plus rare. En 2023, sur 1 343 greffes hépatiques, seulement 20 ont eu lieu à partir d’un donneur vivant. 

En termes de consentement, le don d’organes de son vivant revêt un caractère différent du don d’organes après la mort. Pour les donneurs décédés, au regard de la Loi, chaque Français est présumé donneur d’organes, tant qu’il n’a pas signifié son refus en s’inscrivant sur le registre national des refus. Dans le cas du don de son vivant, le consentement libre et éclairé du donneur sera ouvertement questionné avant la transplantation. 

 

Greffon cardiaque, cœur de porc ou cœur artificiel, comment faire face au manque de greffons ?

La transplantation d’organes, véritable prouesse médicale, se heurte depuis des décennies à plusieurs défis majeurs : 

  • La conservation et le transport du greffon du donneur au receveur ;
  • Le rejet du greffon malgré le traitement immunosuppresseur pris à vie par le receveur ;
  • Le manque d’organes à transplanter. 

 

Les chercheurs du monde entier travaillent sur les deux premiers défis pour optimiser le succès des transplantations. En avril 2024, des médecins français ont réussi une première mondiale en greffant un cœur après avoir réussi à le préserver sur une durée de 12 heures. Une durée exceptionnelle pour un greffon cardiaque, rendue possible grâce à une conservation à une température de 8°C et à la transfusion du cœur en continu pendant tout le transport. 

Mais comment faire face au manque de greffons ? Si la transplantation à partir de donneurs vivants facilite le don et la greffe de rein – et dans une moindre mesure de foie -, quelle solution trouver pour pallier au manque de cœur ou de poumon ? Les chercheurs s’intéressent aux organes de certains animaux, et notamment du porc, dans le cadre de xénogreffes. 

Les premiers essais de xénogreffes ont été menés dès le XIXème siècle, mais se sont heurtés à un problème majeur de compatibilité tissulaire entre le greffon animal et le receveur humain. Pourtant, en 2022, des médecins américains ont réussi la première greffe de cœur de porc sur un patient humain, grâce à la modification génétique de l’organe prélevé sur le porc. Une deuxième greffe a été effectuée en 2023. Parallèlement, les chercheurs et les médecins travaillent sur une autre alternative, les organes artificiels. Des premiers prototypes de cœurs  artificiels ont été développés et sont testés sur des patients en insuffisance cardiaque terminale. 

Enfin, l’ingénierie cellulaire et tissulaire pourrait aussi à terme pallier au manque d’organes. Alors que la greffe de pancréas reste une solution thérapeutique exceptionnelle et lourde dans la prise en charge du diabète, des chercheurs chinois ont réussi pour la première fois à reprogrammer des cellules souches d’une patiente diabétique avant de lui réinjecter. Depuis plus d’un an, son organisme est de nouveau capable de produire de l’insuline. 

L’histoire de la greffe devrait ainsi continuer à s’écrire dans les prochaines décennies, toujours empreinte du don de vie et ponctuée de premières médicales mondiales. 

 

Sources

Partager
Poursuivre votre lecture