Journée mondiale de la maladie de Parkinson

Chaque 11 avril est organisée la journée mondiale de la maladie de Parkinson, la seconde maladie neurodégénérative la plus fréquente et la seconde cause de handicap moteur chez l’adulte après les accidents vasculaires cérébraux (AVC). Chaque année, environ 25 000 nouveaux cas sont recensés en France et, contrairement aux idées reçues, la maladie ne touche pas que les personnes âgées. Si le pic de fréquence se situe vers l’âge de 70 ans, près d’un malade sur deux est diagnostiqué à un âge moyen de 58 ans et 17 % des patients ont moins de 50 ans. 

 

Des médicaments de référence développés dans les années 1970

La maladie de Parkinson doit son nom à Sir James Parkinson, médecin britannique, qui fit la découverte de la maladie en 1817. En 1872, le neurologue français Jean-Martin Charcot étudie les tremblements et la paralysie de la maladie et propose de l’appeler la maladie de Parkinson. 

Dans les années 1970, les chercheurs découvrent le rôle de la dopamine dans les mécanismes physiopathologiques de la maladie de Parkinson. La lévodopa permet alors de révolutionner le traitement des patients. Depuis, la lévodopa et les agonistes dopaminergiques restent les traitements de première intention de référence chez un grand nombre de patients. De nouveaux traitements ont successivement fait leur apparition pour améliorer l’efficacité des médicaments dopaminergiques et/ou réduire leurs effets secondaires. D’autres médicaments viennent compléter la prise en charge pour soulager spécifiquement certains symptômes non moteurs. 

À partir des années 1980, des traitements de seconde ligne ont fait successivement leur apparition et permettent aujourd’hui une meilleure prise en charge des formes complexes de la maladie de Parkinson. Il s’agit notamment de : 

 

En novembre 2023, des chercheurs en neurosciences et des neurochirurgiens français et suisses ont présenté une formidable avancée, une neuroprothèse permettant aux patients de retrouver une marche fluide et sans chute. Un premier patient, âgé de 62 ans, et touché par la maladie depuis trente ans, a pu retrouver une marche presque normale. Un formidable espoir pour des milliers de patients ayant perdu la capacité de marcher. 

La prise en charge des patients s’est parallèlement organisée en parcours de soins et de santé, coordonnés par 7 centres interrégionaux de coordination et 26 centres experts régionaux, répartis sur l’ensemble du territoire français. Chaque patient peut désormais bénéficier d’un plan personnalisé de soins et d’une prise en charge pluriprofessionnelle. 



La santé environnementale, un bouclier contre la maladie de Parkinson ?

En France, la maladie de Parkinson constitue un enjeu majeur de santé publique, avec trois axes prioritaires définis au niveau national : 

  • Une meilleure connaissance de la maladie au sein de la population, mais aussi chez les professionnels de santé, c’est la vocation même de la journée mondiale ;
  • Un diagnostic plus précoce pour préserver aussi longtemps que possible la qualité de vie des patients ;
  • La lutte contre les facteurs environnementaux, en particulier l’exposition aux produits phytosanitaires. 

 

Si plusieurs facteurs de prédisposition génétique ont été identifiés, notamment chez des patients développant des formes précoces de la maladie de Parkinson, les formes familiales restent rares (entre 5 et 10 % des cas). En revanche, les études pointent clairement du doigt la responsabilité de certains facteurs environnementaux : 

  • L’exposition aux métaux lourds ;
  • L’exposition aux pesticides ; 
  • Les commotions cérébrales dans certains sports à risques ;
  • Des micro-AVC ;
  • Des infections virales cérébrales. 

 

Les agriculteurs peuvent faire reconnaître leur maladie de Parkinson comme une maladie professionnelle, en lien avec leur exposition professionnelle prolongée aux herbicides et aux insecticides. Dans les Antilles françaises, une forme atypique de la maladie de Parkinson pourrait être liée à la consommation de certaines plantes utilisées en médecine traditionnelle. Des preuves de l’importance de la santé environnementale dans la prévention de cette maladie neurodégénérative. 

 

Connaître la maladie pour savoir reconnaître les premiers signes !

La maladie de Parkinson reste mal connue du grand public, en dehors des tremblements caractéristiques qu’elle entraîne. La journée mondiale du 11 avril et tous les événements organisés à cette occasion sont destinés à mieux faire connaître cette maladie. Cinq symptômes caractéristiques définissent la maladie de Parkinson : 

  • L’akinésie, c’est-à-dire la difficulté à initier un mouvement ;
  • Les tremblements au repos, souvent asymétriques ;
  • L’hypertonie, avec une rigidité des bras et/ou des jambes ;
  • Le ralentissement des gestes ; 
  • Une écriture de plus en plus petite et de plus en plus difficile. 

 

Ces symptômes moteurs sont à l’origine de la marche particulière des patients, dite la marche à petits pas. Malheureusement, le cortège des symptômes est plus vaste, avec de la fatigue, des crampes, des fourmillements, des troubles gastro-intestinaux, des troubles urinaires, des troubles sensoriels, des troubles de la déglutition, etc. Sans compter l’impact considérable de la maladie sur la santé mentale et le bien-être psychique. 

Avant même la date de la journée mondiale, l’Association France Parkinson a organisé pour la première fois les 23 et 24 mars 2024 l’événement Park’Cœur village, place Saint Sulpice dans le VIème arrondissement de Paris. Cet événement de grande ampleur, associé à l’installation d’un village de 2 000 m² entièrement consacré à la maladie de Parkinson, vient marquer les 40 ans d’existence de l’association. Y ont été accueillis, librement et gratuitement, les patients, leurs proches, mais aussi le grand public. Au programme du village sur les 2 jours, une scène, un espace immersif, un espace recherche, un espace mouvement et un espace associatif. 

Pour la journée mondiale Parkinson 2024, plus d’une soixantaine d’événements partout en France seront organisés par les comités départementaux de l’association France Parkinson entre le 30 mars et le 31 mai 2024. Des marches, des courses, des ateliers, des tables rondes, des conférences, des expositions photos, … autant d’occasion d’en savoir plus sur la maladie de Parkinson !

 

Sources 

 

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