Quand la robotique se fait une place de choix dans les blocs opératoires

Le premier robot à faire son entrée officielle dans un bloc opératoire était le Puma 260 en Californie en 1985. Ce robot a été utilisé sur une vingtaine de patients californiens pour des interventions de neurochirurgie (insertion d’aiguilles pour effectuer des biopsies cérébrales). Depuis, des modèles divers et plusieurs générations de robots ont été développés pour différentes applications en chirurgie. Quelle est aujourd’hui la place de la robotique dans les interventions chirurgicales ? Quelle sera l’importance des robots dans la chirurgie de demain ? Voici quelques éléments de réponse. 

 

Pourquoi un robot en chirurgie ? 

Le robot a-t-il vocation à remplacer demain le chirurgien ? Serons-nous opérés demain par des robots chirurgiens, seuls aux commandes d’un bloc opératoire ? La robotique en chirurgie connaît un essor important depuis la fin des années 1980, avec des modèles de robots développés spécifiquement pour telle ou telle intervention chirurgicale. A travers le monde, déjà plusieurs millions de patients ont bénéficié d’une intervention robot-assistée. Mais la vocation de ces robots n’est pas de se substituer à la main et aux yeux du chirurgien. Le chirurgien coopère et interagit en permanence avec le robot chirurgical, qui constitue un outil supplémentaire pour l’équipe chirurgicale. 

Les spécialistes préfèrent ainsi le terme d’assistant robotique au terme de robot chirurgien, susceptible de prêter à confusion sur la place du robot dans le bloc opératoire. En quelque sorte, le robot est une marionnette, que le chirurgien manipule tout au long de l’intervention. On parle alors volontiers de chirurgie robot-assistée. Pour autant, le robot occupe une place de plus en plus centrale dans le bloc opératoire. 

L’intérêt du robot en chirurgie est d’accompagner la main du chirurgien dans les interventions de chirurgie mini-invasive. Entre le patient et le chirurgien, est désormais placé le robot, qui permet au chirurgien : 

  • L’accès à une vision en haute définition de l’ensemble du champ opératoire ;
  • La manipulation d’instruments chirurgicaux miniaturisés. 



Vers une chirurgie personnalisée de précision

Avec le robot, des gestes d’une infinie précision deviennent possibles, à travers une ou plusieurs petites incisions réalisées sur le patient, et sans l’effet d’éventuels tremblements de la main du chirurgien ! La robotique en chirurgie ouvre la voie à des interventions de plus en plus complexes, mais de moins en moins invasives. Un atout considérable à la fois pour les chirurgiens, mais aussi pour les patients : 

  • Une réduction des saignements ;
  • Une réduction des douleurs post-opératoires ;
  • Une récupération plus rapide ;
  • Un raccourcissement du séjour à l’hôpital. 

 

Autre point important, la robotique facilite également la simulation des interventions chirurgicales pour les étudiants en médecine et les futurs chirurgiens. 

 

La robotique, un incontournable de la chirurgie de demain

A travers le monde, des centaines d’équipes cherchent à développer et à améliorer les capacités des robots utilisés en chirurgie. D’ores et déjà, la robotique s’est invitée dans un grand nombre d’interventions chirurgicales, notamment dans : 

  • La chirurgie de l’oeil ;
  • La chirurgie thoracique ;
  • La chirurgie de la colonne vertébrale ;
  • La chirurgie digestive et colorectale ;
  • La chirurgie urologique et néphrologique ;
  • La chirurgie oncologique. 

 

Derrière chaque robot, se cache une collaboration étroite et fructueuse entre des laboratoires de recherche, des entreprises et des équipes soignantes. Un domaine dans lequel les équipes de recherche, les équipes soignantes et les start-up françaises se révèlent particulièrement innovantes. 

 

Quelques exemples de robots chirurgicaux

Difficile de lister ici l’ensemble des robots chirurgicaux actuellement à l’œuvre dans les blocs opératoires français. Certains d’entre eux ont déjà acquis une belle renommée en seulement quelques années : 

  • Le robot chirurgical Da Vinci Xi, développé en 2015, permet de réaliser en une seule intervention l’ablation d’un sein et la reconstruction mammaire simultanée sans cicatrice sur la poitrine chez les femmes atteintes d’un cancer du sein. Ce robot est également utilisé pour d’autres cancers (cancers ORL, cancers de la thyroïde, cancers digestifs ou gynécologiques). 
  • Le robot AcuSurgical, développé en France, permet au chirurgien d’opérer l’œil avec une précision de l’ordre de 10 micromètres, alors que la main humaine possède une précision maximale de l’ordre de 150 à 200 microns. Un atout de poids pour le traitement chirurgical des maladies oculaires, comme le décollement de la rétine ou la dégénérescence maculaire liée à l’âge, qui requiert la plus grande des précisions.
  • Le robot Mako est largement utilisé en chirurgie orthopédique pour les poses de prothèse de hanche et de genou. Il élabore à partir des images issues du scanner un modèle anatomique en trois dimensions, qui permet au chirurgien de réaliser des gestes plus précis, avec des interventions moins invasives et moins traumatisantes.

 

Les robots chirurgiens, assistants robotiques, robots chirurgicaux … accompagnent aujourd’hui l’évolution des pratiques chirurgicales vers une chirurgie de moins en moins invasive, mais de plus en plus complexe. Dans nombre d’interventions, ils sont devenus les alliés incontournables des chirurgiens. Preuve de ce succès, les équipes chirurgicales et les établissements de santé (hôpitaux, cliniques) n’hésitent maintenant plus à revendiquer l’utilisation des robots en salles d’opération. Ces derniers sont volontiers présentés comme un axe de développement vers l’excellence et la chirurgie de pointe. 



Sources

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