Plus d’un milliard de personnes touchées dans le monde par la maladie du “foie gras” ! 

Diabète de type 2 et obésité sont souvent cités comme deux fléaux de santé publique à travers le monde. Une autre maladie métabolique touche une part croissante de la population mondiale, mais reste encore peu médiatisée, c’est la stéatose hépatique non alcoolique, plus connue sous le nom de “maladie du foie gras”. 

 

Stéatose hépatique alcoolique ou métabolique

Longtemps, la stéatose hépatique, caractérisée par une accumulation anormale de graisses dans les cellules du foie, a été divisée en deux catégories distinctes, d’une part la stéatose hépatique alcoolique liée à la consommation chronique d’alcool, et d’autre part la stéatose hépatique non alcoolique, c’est-à-dire non liée à la consommation d’alcool par opposition à la précédente. Depuis, une série d’acronymes s’est succédé, NASH, MASH, NAFLD, …. Comment s’y retrouver ? 

La NAFLD pour « non alcoholic fatty liver disease » et la NASH pour « non alcoholic steatohepatitis » ont été utilisées pendant plusieurs années. Depuis peu, la nomenclature a évolué et les spécialistes parlent aujourd’hui de la MASLD pour « metabolic dysfunction-associated steatotic liver disease » et de la MASH pour « metabolic dysfunction-associated steatohepatitis ». Ces nouvelles dénominations permettent d’intégrer la composante métabolique de ces pathologies. La MASLD est le premier stade de la maladie du foie gras, avec une accumulation de graisses dans le foie associée à un facteur de risque métabolique (surpoids, obésité, diabète de type 2, hypertension artérielle, dyslipidémies). Elle évolue vers un stade plus avancé, où l’accumulation de graisses provoque une inflammation du foie, des lésions des cellules hépatiques, voire une fibrose hépatique. C’est la MASH. 

 

Une personne sur 6 dans le monde est touchée !

Encore peu connue du grand public, la maladie du “foie gras” est devenue en seulement quelques décennies l’une des pathologies chroniques les plus fréquentes dans le monde. On estime qu’un Français sur quatre serait concerné par la MASLD. Dans 20% des cas, cette maladie peut évoluer vers une MASH avec un risque accru de cirrhose hépatique et de cancer du foie. 

À l’échelle mondiale, une récente étude publiée dans la revue scientifique The Lancet indique qu’1,3 milliard d’individus sont touchés actuellement, avec une progression de 143 % sur les 3 dernières décennies (500 millions de personnes en 1990). D’ici 2050, les scientifiques et les médecins estiment qu’1,8 milliard de personnes seront concernées. En France, les projections effectuées dès 2020 alarmaient déjà sur un risque de doublement de la prévalence en une seule décennie, entre 2020 et 2030. Cette tendance suit globalement l’évolution de la prévalence des autres maladies métaboliques, auxquelles elle se retrouve fréquemment associée. D’après les spécialistes, jusqu’à 80 % des sujets atteints d’obésité seraient touchés par la maladie du “foie gras”. Une maladie qui passe longtemps inaperçue. Sans symptôme apparent pendant de longues années, les personnes concernées ignorent leur maladie. 

 

Prévenir et dépister pour limiter les conséquences à long terme

En février 2026, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) concédait que la stéatose hépatique non alcoolique n’avait jusque là pas été suffisamment prise en compte dans la lutte mondiale contre les maladies non transmissibles. Quand les premiers signes de la maladie apparaissent, le patient est souvent au stade de la MASH, de la cirrhose, voire du cancer hépatique. La prévention et le dépistage de la maladie du “foie gras” – si possible dès les premiers stades – constituent un enjeu majeur de santé publique avec l’objectif de prévenir les conséquences à long terme. 

Identifier les personnes à risque, détecter l’accumulation de graisses au niveau hépatique, développer des tests simples et non invasifs sont des actions essentielles du côté des spécialistes. Elles doivent nécessairement s’accompagner d’une sensibilisation et d’une éducation du grand public sur les risques liés à cette maladie et sur les moyens de la prévenir. Une prévention souvent identique pour l’ensemble des pathologies métaboliques !

 

Sources

Partager