Boissons sucrées, quelles mesures pour limiter leur impact sanitaire ?

Limiter les boissons sucrées, les aliments gras, sucrés, salés et ultra-transformés. Telle est la recommandation du programme “manger-bouger.fr”, directement issue du Plan National Nutrition Santé (PNNS). Parmi ces aliments à éviter, quelle place occupent les boissons sucrées ? Plusieurs études les pointent du doigt pour leurs effets néfastes sur la santé et appellent les pouvoirs publics à prendre des mesures pour limiter leur consommation. 


Boissons sucrées et boissons édulcorées

Avant toute chose, qu’entend-on précisément par le terme “boissons sucrées” ? D’après le Code Européen contre le Cancer, qui liste les 12 façons de réduire son risque de cancer, les boissons sucrées correspondent aux boissons contenant des quantités importantes de sucres – et donc de calories – quelle que soit l’origine du sucre (sucre naturel des fruits, sucres naturels ajoutés ou de synthèse). Il n’existe pas un taux de sucre spécifique pour définir une boisson sucrée, mais on y retrouve classiquement : 

  • Les sodas ;
  • Les smoothies ;
  • Les jus de fruits ;
  • Les boissons gazeuses. 

Ajouter du sucre au café ou au thé les transforme également en boissons sucrées. Toutes les boissons sucrées auraient un impact néfaste sur la santé, malgré certaines nuances en fonction des boissons. Les boissons édulcorées ne seraient pas en reste. Leur goût sucré stimule les circuits neuronaux de récompense, incitant à consommer toujours plus sucré. 


Quels sont les risques des boissons sucrées sur la santé ? 

De nombreuses études ont porté sur l’impact de la consommation de boissons sucrées sur la santé. Même si la nature des boissons et les quantités consommées varient, toutes ces études semblent relier la consommation de boissons sucrées avec des risques majeurs pour la santé : 

  • Des maladies et accidents cardiovasculaires ;
  • Le surpoids et l’obésité ;
  • Le diabète de type 2, avec toute sa kyriade de complications ;
  • Certains cancers, notamment le cancer du sein. 

D’après une récente étude suédoise, publiée dans la revue scientifique Frontiers in Public Health, les boissons sucrées seraient même plus dangereuses que les sucreries sur le plan cardiovasculaire. La consommation excessive de soda (plus de 8 verres par semaine) serait associée à une augmentation de 19 % du risque d’accident vasculaire cérébral (AVC). Tous les types de boissons sucrées seraient concernés, sauf les jus de fruits purs. 

Une autre étude, publiée cette fois dans la revue Nature Medicine, s’est interrogée sur le fardeau sanitaire des boissons sucrées dans 184 pays à travers le monde. À elles seules, les boissons sucrées seraient responsables de 3,1 % des maladies cardiovasculaires et de 9,8 % des cas de diabète de type 2 dans le monde. Et les pays aux revenus faibles et intermédiaires seraient parmi les plus touchés par la consommation de ces boissons. En Afrique subsaharienne, la consommation de boissons sucrées aurait contribué à 27,6 % des nouveaux cas de diabète et à 14,6 % des maladies cardiovasculaires. Des chiffres aussi alarmants sont retrouvés dans d’autres régions du monde, comme l’Amérique latine ou les Caraïbes. 

 

Des mesures fortes pour réduire la consommation de boissons sucrées

Pour tenter de limiter l’impact sanitaire des boissons sucrées, des actions urgentes sont nécessaires partout dans le monde, et si possible de manière concertée : 

  • Des campagnes de santé publique pour informer les consommateurs sur les risques liés aux boissons sucrées ;
  • Une réglementation de la publicité sur ces boissons ;
  • La mise en place de taxes spécifiques. 

En France, une taxe dédiée – la taxe soda – a été mise en place dès 2012 pour en freiner la consommation. Révisée en 2018, elle tient désormais compte du taux de sucre dans la boisson. L’objectif est d’inciter les industriels à modifier leurs procédés de production pour réduire les quantités de sucre dans les boissons. Parallèlement, les revenus de la taxe soda sont destinés à soutenir des actions publiques en faveur d’une alimentation plus saine. En novembre 2024, les sénateurs français ont voté pour une augmentation de cette taxe, dans le cadre de la lutte contre l’obésité, les maladies cardiovasculaires et le diabète de type 2. 

Malgré la mise en place de la taxe soda, la France – comme plusieurs de ses voisins européens – reste un pays consommateur de boissons sucrées. Près de la moitié des Français déclarent consommer régulièrement des sodas. Les boissons sucrées occupent toujours des rayons entiers dans les supermarchés. Et de grands événements sportifs relayent les publicités pour des marques de sodas bien connues. 

Faut-il aller plus loin dans les actions visant à réduire la consommation des boissons sucrées ? De nouvelles mesures et des actions fortes apparaissent nécessaires, à destination des consommateurs et des industriels, pour inverser les tendances de consommation. 

Sources

EHESP. Taxe sur les boissons sucrées : éclairage d’une recherche pluridisciplinaire. 14 novembre 2024. https://www.ehesp.fr/2024/11/14/taxe-sur-les-boissons-sucrees-eclairage-dune-recherche-pluridisciplinaire/

Partager
Poursuivre votre lecture