Investir dans la prévention pour une meilleure efficience des dépenses de santé. 

En France, les dépenses courantes de santé se sont élevées à 332 milliards d’euros en 2024, soit 11,4 % du PIB, financées à hauteur de 74 % par l’Assurance maladie. La question de l’efficience des dépenses de santé devient de plus en plus cruciale, dans un contexte où les dépenses de santé augmentent de manière structurelle d’année en année. 

 

Plus de 11 % du PIB consacrés aux dépenses de santé

Parmi les pays de l’Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE), la France se situait en 2023 au 3ème rang pour les dépenses de santé financées par des régimes publics en pourcentage du PIB, derrière les USA et l’Allemagne et à égalité avec la Suède. En ne considérant que les dépenses curatives de santé – c’est-à-dire celles dédiées aux traitements des pathologies -, la France se place en première position. Et d’année en année, les dépenses ne cessent de s’accroître, notamment en lien avec le vieillissement progressif de la population, la hausse des pathologies chroniques (diabète, obésité, …) et le coût croissant des innovations thérapeutiques. 

Cette première place au classement de l’investissement national au profit des dépenses curatives de santé se traduit-elle par une meilleure espérance de vie ? En 2023, la France se classait au 9ème rang des pays de l’OCDE en matière d’espérance de vie (tous genres confondus).  En Europe, elle se classe désormais à la 11ème position. Des pays comme la Grèce ou l’Italie, qui dépensent moins pour les soins curatifs, ont une espérance de vie supérieure de 3 à 5 ans. L’importance des dépenses de santé financées par les finances publiques n’apparaît plus comme le seul déterminant de l’espérance de vie. 

 

Hausse des dépenses de santé vs évolution de l’espérance de vie

D’après une enquête internationale, menée en 2025 par l’OCDE, l’efficience des dépenses de santé en France pourrait être améliorée. Une meilleure efficience pourrait être obtenue en dépensant autant, voire en dépensant moins. Quelles pistes d’amélioration peuvent être explorées ? 

En analysant les différents postes de dépenses, les experts soulignent que la France investit 22 % de moins que la moyenne européenne dans le domaine de la prévention, mais 26 % de plus dans les soins curatifs. L’insuffisance de financement de la prévention pourrait expliquer un défaut de bien-être de la population et des coûts élevés pour le traitement des maladies chroniques. Ainsi, la consommation en volume de médicaments en France est encore très supérieure à celle observée dans les pays voisins. Par exemple, en 2024, la France se place au 2ème rang de la consommation d’antibiotiques en Europe, malgré des campagnes répétées de sensibilisation au bon usage des antibiotiques. 

 

Augmenter la part des dépenses de prévention pour gagner en efficience

En 2024, les dépenses de prévention en France s’élevaient à 8,7 milliards d’euros, soit 2,6 % de la dépense courante de santé au sens international (DCSi). Ces dépenses sont principalement financées par l’Assurance maladie (à hauteur de 43 %) et par l’État et les collectivités locales (à hauteur de 27 %). Alors que les dépenses pour la prévention ont reculé respectivement de 35 % et de 24 % en 2023 et 2022 – principalement suite à la pandémie de Covid-19, elles sont reparties à la hausse en 2024, mais avec une hausse modeste de seulement 1 %. 

Pour gagner en efficience, il devient essentiel d’accroître la part des dépenses de santé allouées à la prévention. Vaccination, prise en charge des facteurs de risque individuels et  évitables de nombreuses maladies chroniques (tabagisme, consommation d’alcool, alimentation, activité physique, sédentarité, …) ou encore prise en compte de la santé environnementale sont autant d’actions déterminantes de prévention. Cette nécessité de mettre l’accent sur la prévention est d’ailleurs mentionnée dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, qui affiche clairement l’ambition d’un système de santé plus préventif, plus efficace et mieux coordonné. Un enjeu crucial de santé publique qui s’invite dans le débat politique à l’approche des élections présidentielles de 2027, alors que la santé figure dans le trio de tête des préoccupations des Français

 

Sources

 

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