D’après une étude menée par l’association e-enfance, 3018 et la Caisse d’Épargne en 2023, 86 % des jeunes de 8 à 18 ans sont inscrits sur au moins un réseau social. Quel est l’impact des réseaux sociaux sur la santé des jeunes Français ? Les enquêtes menées révèlent un impact important sur la santé mentale, alors qu’un projet de loi prévoit une interdiction de l’accès aux réseaux sociaux avant l’âge de 15 ans.
Les adolescentes plus vulnérables face aux risques des réseaux sociaux
En janvier 2026, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a publié un rapport sur les usages des réseaux sociaux numériques et la santé des adolescents de 12 à 17 ans. Ce rapport détaille les effets néfastes des réseaux sociaux sur la santé mentale des jeunes :
- Des troubles du sommeil ;
- Des troubles anxieux et dépressifs (près de 600 000 cas de dépression chez les adolescents seraient liés aux réseaux sociaux) ;
- Une perte de l’estime de soi ;
- Des comportements à risque allant jusqu’à des conduites suicidaires ;
- Une exposition aux cyberviolences (pédocriminalité, cyberharcèlement, …).
En 2024, 58 % des jeunes de 12 à 17 ans utilisaient quotidiennement au moins un réseau social, avec une proportion supérieure chez les jeunes filles, par rapport aux jeunes garçons. Les filles sont également plus impactées par les effets délétères des réseaux sociaux. Près de la moitié d’entre elles (46 %) estime que les réseaux sociaux dégradent l’estime de soi. Derrière ce chiffre, plusieurs facteurs expliquent leur plus grande vulnérabilité par rapport aux garçons :
- un usage plus important des réseaux sociaux, en particulier les réseaux dits hautement visuels, c’est-à-dire basés principalement sur l’image et la vidéo ;
- une pression sociale plus forte en lien avec les stéréotypes de genre ;
- un risque majoré de cyberharcèlement ;
- un engagement émotionnel plus marqué.
Des liens étroits entre l’usage des réseaux sociaux et l’altération de la santé mentale
L’exposition des adolescentes à des contenus idéalisés – de plus en plus souvent grâce au recours à l’intelligence artificielle – relayés sur les réseaux sociaux entraîne une insatisfaction corporelle, une perte de l’estime de soi et renforce les fragilités psychologiques. Plus largement, une dégradation notable de la santé mentale des jeunes est observée en France, en particulier depuis la pandémie de Covid-19. Les réseaux sociaux pourraient jouer un rôle clé dans cette tendance.
Et ce phénomène pourrait encore s’accentuer, puisque les jeunes se connectent de plus en plus tôt et de plus en plus souvent aux réseaux sociaux. L’enquête menée par l’association e-enfance, 3018 et la Caisse d’Épargne indique que 67 % des enfants de 8 à 10 ans sont déjà présents sur les réseaux sociaux, un chiffre qui a doublé en seulement 2 ans. Face à l’impact négatif des réseaux sociaux chez les jeunes, se pose la question des actions de santé publique à mener.
Vers une interdiction des réseaux sociaux avant l’âge de 15 ans ?
Actuellement, les réseaux sociaux ne sont théoriquement pas accessibles aux jeunes avant l’âge de 13 ans. Pourtant, de jeunes enfants (parfois de moins de 10 ans) sont déjà connectés à 1, 2 ou 3 réseaux sociaux et les consultent chaque jour. Le 26 janvier 2026, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture une proposition de loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux jeunes de moins de 15 ans. Cette proposition de loi s’appuie sur 4 axes majeurs :
- une majorité numérique fixée à 15 ans au lieu des 13 ans actuels ;
- un renforcement de la responsabilité des plateformes ;
- une régulation publicitaire avec l’interdiction des pressions commerciales excessives et de la promotion de produits dangereux ;
- un usage encadré au lycée, avec l’interdiction des téléphones portables dans les enceintes des établissements.
Preuve d’une véritable prise de conscience politique des risques liés aux réseaux sociaux, cette loi doit maintenant être examinée par le Sénat. Mais reste également la question délicate de son applicabilité, dans le contexte européen et mondial et alors que la limite actuelle des 13 ans n’est déjà pas respectée.
Sources
- ANSES. Sécuriser les usages des réseaux sociaux pour protéger la santé des adolescents. Consulté le 21 février 2026. https://www.anses.fr/fr/content/securiser-les-usages-des-reseaux-sociaux-pour-proteger-la-sante-des-adolescents
- Premiers secours en santé mentale. L’impact des réseaux sociaux sur la santé mentale des jeunes. 13 janvier 2026. https://www.pssmfrance.fr/actualites/impact-reseaux-sociaux-sante-mentale-jeunes/
- Observatoire de la Parentalité et de l’Éducation Numérique. Interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans : une loi plus facile à annoncer qu’à appliquer. Consulté le 21 février 2026. https://www.open-asso.org/actualite/2026/01/interdiction-des-reseaux-sociaux-avant-15-ans-une-loi-plus-facile-a-annoncer-qua-appliquer/